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la crevette à moustache

VIETNAM - Ho Chi Minh City, aka Saigon

VIETNAM - Ho Chi Minh City, aka Saigon

Goooood Morniiiing Vietnam!! Une semaine que avons débarqué de Kuala Lumpur et déjà plein de choses à raconter! Car si la Malaisie nous a dépaysés tout en douceur, le Vietnam est une petite claque!

D'abord, le Vietnamien ne parle pas anglais. Quand je dis pas anglais c'est PAS anglais hein. Ceux qui travaillent avec les touristes se dépatouillent, mais dès que ça dépasse le stade des questions basiques ça se corse. On te regarde avec l'air de quelqu'un qui a très bien compris puis on te donne une info dont tu n'as absolument pas besoin. Exemple de dialogue: - "do you know where is the bus station?" - "Yes yes good bus, I book for you, good bus."

Et puis il y a tous ceux qui ne parlent pas du tout du tout. Tu pourrais t'adresser à eux en tchétchène, ce serait pareil.

On décide donc d'apprendre quelques rudiments de vietnamien (après tout il n'y a pas de raison que ce soient eux qui fassent tous les efforts). En plus ça s'écrit en alphabet latin, ahah, facile quoi. Problème: cette langue est imprononçable. Chaque voyelle se dit de 10 manières différentes, ça varie en fonction des consonnes qui les précèdent ou les suivent, il y a des accents, des esprits et autres signes cabalistiques qui modifient soit le son, soit le ton (vous ne comprenez rien? Nous non plus!).

Pour le moment nous maîtrisons toutefois déjà le vocabulaire de survie : "bonjour", "au revoir", "merci", "toilettes" et surtout... "combien ça coûte?" Du coup nos échanges avec la population sont un mélange assez comique de quelques mots de vietnamiens (même si on prononce n'importe comment), d'anglais (même si ça ne sert à rien), de mimes (même si les significations des gestes ne sont pas forcément identiques non plus, sinon ce serait pas drôle).

Notre calepin et notre crayon sont nos meilleurs amis: le dessin fonctionne pas mal, ou bien on écrit un mot qu'on s'échine à essayer de prononcer depuis 10 minutes sans se faire comprendre, et le résultat quand ils le lisent est souvent un grand éclat de rire (non, ils ne se moquent pas, ils rient c'est tout ;)). Bref, ça donne lieu à toutes sortes de situations cocasses!

Certes pas mal d'incompréhensions, mais beaucoup de sourires aussi quand on salue ou remercie les gens dans leur langue. Et puis on est fiers comme Artaban chaque fois qu'on parvient à se faire entendre.

Je me suis pas mal attardée sur le volet linguistique, mais ça joue énormément au niveau du dépaysement et du choc culturel!

Ajoutez que le Vietnam a une histoire particulière (j'y reviendrai), une identité forte (là où la Malaisie, avec son mélange d'influences, n'a finalement pas de culture propre très marquée), qu'il y a des codes vestimentaires différents, une cuisine plus typique, et vous obtenez deux voyageurs un peu déboussolés mais ravis!

Mais revenons à notre première étape, Ho Chi Minh City, ainsi nommée en hommage au père de la nation. Le peuple vietnamien voue d'ailleurs un véritable culte à Ho Chi Minh. Lui et sa barbichette sont partout: dans les maisons, les musées, les administrations, sur les affiches de propagande et les billets de banque. Son corps est même exposé à Hanoï dans un mausolée (provisoirement inaccessible... moi qui ai développé depuis la mort de Chavez une fascination malsaine pour l'embaumement, pratique que je trouve complètement dégoûtante, je me faisais déjà un plaisir d'aller observer la bête... Mais je m'égare...)

Ho Chi Minh City donc, que tous les Vietnamiens appellent encore Saigon, est une véritable ruche. Il y a 6 millions de scooters pour 7 millions d'habitants (vous avez bien lu). C'est un incessant ballet de mobylettes, et le code de la route est aussi suivi ici que l'enseignement du Bouddha chez nous (comprenez: seuls quelques initiés le pratiquent). L'usage du klaxon est également différent: il ne signifie pas "mais qu'est ce que tu f...?" mais bien "attention j'arrive". Donc imaginez, 6 000 000 de scooters qui klaxonnent pour dire aux 5 999 999 autres, ainsi qu'aux 12 vélos (les marchands de journaux ou de fruits) et aux 5 piétons (les touristes) perdus dans le flux: "coucou, je suis là". D'autant que pour pimenter le tout, le deux-roues s'utilise comme une voiture. C'est-à-dire qu'on y transporte autant de personnes et/ou de choses que dans un monospace: femme et enfantS, caisses de provisions, mega sound system, ballot de paille (!), échelle (!!), vitres (!!!).

Traverser la rue dans cette jungle urbaine est un défi qui peut a priori s'apparenter à celui d'apprendre le vietnamien, mais tout est une question de technique. Il faut se lancer, avancer d'un pas calme mais continu, et surtout, surtout ne pas s'arrêter (oui, même si tu entends 12 coups de klaxon/seconde et qu'un escadron fonce sur toi. Les mamys vienamiennes le font bien, alors nous aussi!).

Ce que nous retiendrons aussi de cette première escale, c'est que le Vietnamien est persévérant. Ce n'est pas moi qui le dit, ce sont eux, notamment au très intéressant musée des souvenirs de guerre.

Nous avons aussi pu le constater par nous-mêmes: par exemple certains conducteurs de taxi-scooter qui veulent que tu montes sur leur bécane (la bonne blague) sont très pugnaces et roulent au pas à côté de toi en annônant tous les 5 mètres "Motorbike? Cheap for you! Motorbike?". Et jusqu'à présent, tous les vendeurs de street food avec lesquels Greg a tenté de négocier un prix se sont également montrés plus tenaces que lui ;)

Sinon pour être un brin sérieux un instant, le Musée des souvenirs de Guerre nous a pas mal marqués. Bien que forcément partisan, il permet de bien situer toute l'histoire et la chronologie de cette absurde guerre qui a duré près de vingt ans avec les Etats-Unis. On se rend compte que les gens de notre âge sont nés moins de dix ans après la fin du conflit, alors que chez nous en Europe la guerre parait si lointaine. Le musée abrite aussi une superbe expo de clichés prises pendant les combats par des photographes de toutes nationalités.

Mais ce qui nous a surtout frappés c'est la partie dédiée aux dégats causés par le fameux Agent Orange, produit toxique pulvérisé à tout va par l'armée américaine, bourré de dioxine, et qui continue à faire des ravages aujourd'hui. De nombreux enfants naissent encore avec des déformations (dont certaines vraiment atroces), deux générations après la guerre! C'est évidemment le cas aussi pour les rejetons des vétérans américains, mais ici ce ne sont pas seulement les hommes qui on été exposés, mais tout le pays: cultures, rivières etc. Bref, même si ce côté de l'expo tendait un peu au pathos, c'est très interpellant. D'autant que le fournisseur principal de cette crasse d'Agent Orange à l'US Army n'était autre que Monsanto! Pour rappel, Monsanto est une multinationale qui CONTINUE aujourd'hui à pourrir le système agro-alimentaire mondial (voir ici pour plus d'infos: http://chroniquesdunpreparationnaire.over-blog.com/notre-assiette-les-ogm-et-monsanto) en toute impunité. Vu la liste de marques qui utilisent leurs produits, il n'est pas forcément facile de les bannir de notre alimentation (oui je bois aussi du thé Lipton et parfois du Coca-Cola), mais comme un consommateur averti en vaut deux, voici tout de même un lien intéressant: http://openyoureyes.over-blog.ch/produits-monsanto-voici-la-liste-des-marques-à-connaître )

Voilà pour le chapitre militant (après tout ce blog ne sert pas qu'à vous raconter de quelle manière on se bronze les gambettes en Asies. Enfin pas uniquement ;)).

Dans un rayon plus léger, nous avons été voir un Temple de la secte Cao Dai (près de 3 millions d'adeptes tout de même), qui a à son panthéon 3 poètes : deux Vietnamiens et... Victor Hugo. Mais oui, celui de Cosette.

Et pour revenir à la fameuse persévérance du peuple vietnamien, notre visite des tunnels Cu Chi, planque des Viet Cong et véritable réseau de fourmis sous-terrain qui a été pour beaucoup dans la déroute américaine, a été assez instructive. Même si on peut évidemment plaindre les Vietnamiens qui ont vu la foce de frappe d'une super puissance telles que les Etats-Unis leur tomber dessus, je vous jure que les pauvres G.I. empêtrés dans la jungle vietnamienne, avec la chaleur, les animaux sauvages, l'humidité et surtout des adversaires qui sont habitués aux conditions, connaissent la région comme leur poche et la criblent de pièges plus astucieux et plus fourbes les uns que les autres, ben ils n'ont pas du rigoler non plus.

Sans transition, le point culinaire. On mange très très bien ici, et Greg a déjà recensé quelques spécialités pour sa prochaine chronique. Ce qui nous réjouit aussi, c'est que suite à 100 ans de colonie française, une des seules choses qui aie persisté de la culture de nos voisins c'est... le pain! On trouve des bonnes boulangeries, de la baguette, et à chaque coin de rue on peut acheter des sandwichs à l'omelette (même si c'est un peu obsolète). Il y a aussi du vrai bon café, et mine de rien ce genre de petites choses simples ravit les expatriés que nous sommes.

Après ces premiers jours intenses, nous sommes partis chercher le repos dans le Delta du Mekong, mais ça, ce sera pour le prochain épisode!

Désolée pour la longueur de ce post et ses digressions, il est à l'image de notre séjour ici: ça part dans tous les sens, c'est un peu confus mais c'est quand même vraiment chouette (non? ;))

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A
hello ouf, vous êtes un peu revenu dans la civilisation avec les problèmes habituels, comme à Bruxelles : la mobilité....je préfère cela à la jungle malgré tout!! Je crois que du super mauvais temps arrive sur le Vietnam et mamy s'inquiète un peu don accrochez-vous si la pluie et le vent sont au rendez-vous
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C
Ca y est, j'ai lu...toujours avec autant de plaisir, c'est bien mieux que "exploration du monde"!
C'est déjà impressionnant en image, on peut deviner ce que cela donne "en live"...Quoique les serpents en bocaux...je préfère en image!! On ne sait jamais...
Pleins de bisous à tous les deux!
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P
Avec M-Jeanne, on continue à apprécier beaucoup vos articles et vos styles respectifs : du pratique et du concret, et du recul avec des allusions historiques.
Bref, super intéressant !
Question bouffe, on aurait aussi préféré le Vietnam à la Malaisie !!
Continuez à découvrir et en profiter un max !
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P
A Hanoi, où il y avait aussi cette obligation de marcher doucement mais certainement au milieu de la cohue de voitures, j'ai pu avoir un autre regard sur la guerre inutile et très marquante qu'on ne connait qu'à travers le prisme US des films de De Palma, Cimino, Coppola ou Kubrick (ce qui est déjà pas mal, question qualité de points de vue). bises à vous et vive l'Asie. kost
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G
Super de te lire ! Je m'y croirais presque... Tu m'as donné envie de découvrir le Vietnam. ça semble fou! Ramzi va adorer... Et si nos filles acceptent, ce sera peut-être notre prochain grand voyage (en amoureux bien sûr!).
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