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la crevette à moustache

MALAYSIA - Taman Negara, Night(mare) in the jungle

MALAYSIA - Taman Negara, Night(mare) in the jungle

Partager ensemble des épreuves, c'est ce qui soude un couple!

Tout a commencé avec un escalier partant de la rivière pour s'enfoncer dans la jungle, le bateau qui s'en va, nous laissant seuls. Ce qui sur le papier paraissait simple, 2-3 heures de marche jusqu'à un refuge, prend directement une dimension dramatique. Cette image est familière, on s'attend presqu'à voir survenir Marlon Brando en haut des marches. On connait la jungle pour ne l'avoir que trop vue au cinema, et rarement dans des comedies romantiques, et son qualificatif "primaire" n'augure rien de bon.

La jungle c'est pas comme la forêt de Soignes, on sue, on ruiselle plutôt, et derrière chaque feuille on a le sentiment que quelque chose nous observe. Et puis il y a le bruit, pas celui d'une balade champêtre où de jolis rossignols accompagnent en musique nos déambulations, non, le bruit de l angoisse, de la mort, de la chasse. On nous épie, on nous pousse à bout dans le but ultime de nous faire perdre espoir et accepter l'inéluctable : le gibier c'est nous, ici sera notre fin, la nature nous engloutira et nous dévorera. Pas une mort brutale, un combat heroïque avec un puma, non, ça prendra du temps, on perdra d'abord la raison, un membre, et puis lorsque l'espoir nous aura quitté, elle jouera encore avec nous comme un chat avec un oiseau à moitié machonné. Rien ne sert de lutter, chaque insecte, rampant, oiseau, singe, animal en tout genre est au courant de nos moindres mouvements, par un systême peu subtil de cris, bruits répetés à l'infini sur terre, branches et air. Tout ça dans une ambiance sonore générale digne d'un film d'épouvante experimental allemand des 70s. Des animaux aux bruits les plus improbables rivalisent d'imagination pour créer un cadre propice à la démence: solo de scie sauteuse, bruit de porte grinçante, tout ces sons répetés sans cesse brisent les nerfs et lobotomisent les victimes que nous sommes.

Participant à ce travail de sape, 2 maîtres en la matière : le moustique et le sançue, qui ne vous laissent pas une seconde de répit. Les moustiques tourbillonnent sans se lancer dans des opérations suicides, ils attendent patiemment. Ils attendent que la transpiration excessive aie fait disparaitre le répulsif et qu'en tentant de passer un obstacle, vous découvriez un endroit de votre corps normalement protégé, situé de préférence sous une zone de frottement, pour placer une attaque ciblée handicapante. Les sançues sont à qualifier de rebut de la nature, plaie ultime de l'évolution. Elles attendent sur une feuille, dans une flaque, partout en fait, que vous passiez a proximité, s'accrochent et puis par tous les chemins possibles arrivent jusqu à la peau pour vous sucer le sang.

Mais on y est arrivés, on a tenu bon et accedé au refuge, vers 15h ... ah oui parce que pour rajouter du challenge, on a fait ça pendant les heures plus chaudes de la journée.

Le refuge, où plutôt squat au milieu des bois, ressemble à un barraquement d'un camp de redressement délabré pour ados à problèmes, oublié sur le haut d'une colline, donnant sur un micro cours d'eau à peine visible en pleine journée. Mais bon la description reçue du lieu ne nous faisait pas attendre un Hilton non plus : "simple, confort rudimentaire, avec vue plongeante sur un lieu où les animaux ont l'habitude d aller boire en fin de journée".

A peine arrivés, il se met à pleuvoir, dracher, moussonner, c'est-à-dire d'un point de vue positiviste que tu refais tes réserves en eau potable (on l'a filtrée hein) en quelques minutes.

Je vous passe l'attente jusqu'à la fin du jour pour ne finalement rien voir venir boire dans le ruisseau. Et la nuit, le plaisir de dormir sur une planche de bois tout collé-serré, parce que notre moustiquaire n'est pas si grande que ce qu'on aurait imaginé. Le chemin du retour a heureusement été moins pénible car on l'a fait a des heures un peu plus fraîches.

Avant de conclure, je vous informe que vous trouverez dans une toute nouvelle rubrique "food testing" notre petit déjeuner de la jungle : la conserve de thon mayonnaise, idée brillante d'après Cel mais qui ne nous a pas complètement emballés lors du test final. Vous trouverez donc dans cette catégorie d'autres tentatives (pas toujours fructueuses) de découvertes des particularités culinaires locales.

Pour finir, on a vaincu, ne croyez pas ce que vous voyez dans les films, la jungle c'est pas si pire, c'est beau et c'est du fun avant tout! Et on a quand même vu des animaux : des singes, des lézards, des oiseaux, des papillons, plein de fourmis énormes, des chauves-souris et une poule sauvage un peu agressive ;-)

Greg

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C
Bonjour les aventuriers!
Hé bé, quelles aventures, félicitations d'avoir réussi cette épreuve aussi éprouvante!
Et merci pour ce chouette récit, on croirait presque entendre les bruits de la jungle.

Quant à nous, nous avons passé une semaine au grand Nord...La Panne! Mais nous avons quand même bravé une tempête avec des vents dépassant les 100 km/h sur la plage.
Ensuite, nous avons aussi fait notre petit safari où nous avons vu des bébés saïmiris, d'ailleurs, Greg, ça m'a rappelé que dans le fond, Céline avait déjà l'âme aventurière vers 6-7 ans...
Demande-lui de te raconter, si elle s'en rappelle, qu'elle s'est battue avec une autruche à Bellewaerde park, et si Céline en est sortie saine et sauf, l'autruche a gagné le nœud qu'elle portait dans les cheveux! Tu imagines la vexation...

Prenez soin l'un de l'autre, on vous embrasse très fort!
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C
Je ne me rappelle pas du tout de cet épisode! ;)